LA CO-RÉGULATION |

Lorsqu’un enfant est inquiet, agité, dort moins bien ou semble plus sensible qu’à l’habitude, il est tout à fait normal qu’un parent s’en préoccupe.
Mais parfois, sans s’en rendre compte, l’inquiétude du parent peut devenir presque aussi importante — ou même plus importante — que celle de l’enfant. On surveille davantage, on pose plus de questions, on anticipe les difficultés, on cherche rapidement à rassurer ou à éviter ce qui pourrait provoquer de l’inconfort.
C’est ici que la notion de co-régulation devient intéressante.
Un enfant apprend graduellement à gérer ses émotions, son stress et ses réactions. Avant d’être capable de le faire seul, il s’appuie beaucoup sur les adultes qui l’entourent.
Il ne réagit pas seulement à ce qu’on lui dit. Il remarque aussi notre ton de voix, notre rythme, notre visage, notre façon de bouger et notre propre niveau de tension.
Autrement dit, lorsqu’un parent ralentit, parle doucement et demeure présent, il offre à l’enfant un repère de stabilité.
Cela ne veut pas dire que le parent est responsable de l’anxiété de son enfant. Il s’agit plutôt de comprendre que notre façon de réagir peut contribuer à créer un environnement plus rassurant.
Quand un enfant est très activé, il est rarement disponible pour de longues explications.
On peut alors commencer par quelques gestes très simples :
ralentir sa respiration; relâcher les épaules; parler plus lentement; réduire les stimulations autour; éviter de poser trop de questions; rester présent sans chercher immédiatement à faire disparaître l’émotion.
Le message devient alors :
Chez les tout-petits, elle passe surtout par le contact, la voix, le rythme et la prévisibilité.
Chez les enfants d’âge préscolaire, on peut commencer à nommer l’émotion et utiliser des stratégies très simples, par exemple souffler doucement ou faire une courte pause ensemble.
Chez les enfants plus grands, on peut progressivement leur apprendre à reconnaître les signes de tension dans leur corps et à choisir eux-mêmes des stratégies pour se réguler.
L’objectif demeure toujours le même : les accompagner progressivement vers davantage d’autonomie.
*Respiration lente, cohérence cardiaque et biofeedback
*La respiration lente est l’un des outils qui peuvent être utilisés pour soutenir cette régulation.
Lorsque le parent et l’enfant prennent quelques minutes pour respirer plus lentement ensemble, ils créent un moment de pause qui aide à diminuer le niveau d’activation.
Le biofeedback va un peu plus loin. À l’aide de capteurs, il permet d’observer certaines réactions physiologiques en temps réel, par exemple la variabilité de la fréquence cardiaque. L’enfant peut alors voir concrètement comment sa respiration et son état de détente influencent son corps.
Cela transforme une notion abstraite — « calme-toi » — en un apprentissage beaucoup plus concret :
Les recherches sur le biofeedback et la respiration lente chez les enfants et les adolescents montrent des résultats prometteurs comme outils complémentaires pour la gestion du stress et de l’anxiété.
Le but n’est pas de supprimer toutes les émotions
Un enfant n’a pas besoin de ne jamais être inquiet, frustré ou stressé.
Il a surtout besoin d’apprendre qu’une émotion peut monter, être ressentie, puis redescendre.
Et souvent, cet apprentissage commence avec un adulte capable de lui montrer, par sa propre présence :
C’est là toute la force de la co-régulation.